
MA VERITE SUR LES EVENEMENTS AU TIBET
(du 14 Mars 2008 à ???)
Mercredi 14 Mai 2008:
Jeudi 8 Mai 2008:
LA FLAMME OLYMPIQUE SUR LE TOIT DU MONDE !!!
Je suis admiratif face à cet exploit, faire un relais sur le toit du monde, dans des conditions vraiment extrêmes, tout cela retransmis en direct par la télévision...
Il y aura bien sur toujours des mauvais langues pour critiquer la dimension politique et symbolique de cette ascension, c'est dommage.
Il n'en reste pas moins que la cordée, est un symbole d'unité, de fraternité, fort. Frison Roche, dans son ouvrage Premier de Cordée insistait déja la dessus. Cette cordée entre tibetains et hans fut un beau symbole de collaboration et de respect.
Plus que jamais, il faut défendre un respect de la culture de chacun et un travail main dans la main, la Chine a besoin du Tibet autant que le Tibet à besoin de la Chine.
ARCHIVES
Une vague anti française et CNN s'organise en Chine pour protester contre l'image qu'ils ont montré de la Chine, que ca soit lors du passage de la torche que dans les breaking news de la chaine américaine.
Des "love China" ont contaminé tous mes contacts chinois MSN qui par ce biais entendent montrer leur amertume. Un fait similaire s'était produit il y a quelques années contre les USA et le Japon.
Des manifestations de Chinois en colère en face des Carrefour à Wuhan et Tianjin notamment se sont déroulées Samedi 19 Avril. Le gouvernement joue un double jeu vicieux. Par là, il renforce le nationalisme chinois et donc son emprise dans la population, mais aussi il joue le rôle de la victime. On oublie presque que Lhassa est toujours fermé aux étrangers, alors qu'il avait été promis une réouverture le 1er Mai. On se demande pourquoi ???
Chine: Un avion fait demi-tour
La police chinoise a interpellé cinq personnes, peut-être des Tibétains, dont les "conversations suspectes" ont conduit l'équipage d'un avion de ligne à faire demi-tour une demi-heure après le décollage, rapportent lundi des médias chinois. L'incident s'est produit dimanche après-midi sur un vol entre Shenzhen (sud) et Chengdu, la capitale de la province du Sichuan (sud-ouest), écrit le Southern Metropolis Daily. Les cinq passagers, poursuit le journal, s'exprimaient dans une langue que "les autres ne pouvaient comprendre". Puis l'un d'eux aurait dit à une hôtesse de l'air: "Vous êtes très belle. Lisez la presse demain". L'avion est revenu se poser à Shenzhen, où les cinq passagers ont été embarqués par la police.
Que chacun se fasse une idée de ce genre d'informations publiées dans la presse ce matin
Chronique : La Chine face au monde, Tibet ou Tibet pas aux JO ?
Face à la situation actuelle, la tempête médiatique dans laquelle est prise la Chine, je me sens obliger de m'exprimer et donner mon avis.
2008 devait être l'année de la Chine qui retrouve le monde, la deuxième étape vers la (ré)intégration de ce pays à la culture et l'histoire multimillenaire après l'entrée dans l'OMC en 2001. Malheureusement, tout ne se passe pas comme l'avaient prévu les cadres du parti communiste Chinois.
Et pourtant, contrairement aux deux dernières éditions, la Chine est en passe de réussir le pari d'accueillir les Jeux Olympiques les plus couteux de l'histoire sans retard comme ce fut le cas à Athènes il y a 4 ans. Ainsi, des spots publicitaires mettent déja en évidence l'efficacité chinoise avec le slogan : nous sommes prêts. En fait, il était évident dès le moment de l'attribution des JO à Pékin en 2001 que tout serait en œuvre pour la Chine ne rate cet événement. Le matraquage médiatique, que certains appellent propagande, s'est mis en marche rapidement, des affichages, des spots, des horloges à retardement, des boutiques officielles vendant des produits dérivés, des boutiques non officielles vendant des copies de produits dérivés, il est impossible de ne pas être au courant où que l'on habite en Chine. Finalement, cette grande fête autour de la Chine qui a muée, bien qu'il soit parfaitement orchestrée par les officiels, semble se transformer en tribunal moral international d'une dictature que les journaux mondiaux décrivent comme terrible. Il y a encore peu de temps, personne n'aurait pu envisager que les événements allaient prendre une telle tournure.
Ce 14 Mars 2008, au Tibet, une émeute éclate. Comme une cristallisation de tous les affronts subis par un peuple muselé depuis plus de 60 ans, Lhassa s'enflamme, au premier et au second degré. Depuis l'annexion de ce territoire au sein de la République Populaire de Chine par l'Armée de Libération, les Tibétains vivent dans la négation de leur culture et subissent une sinisation forcée. Leur chef spirituel et politique est obligé de s'exiler pendant que de nombreux moines meurent sous les coups des gardes rouges. Pékin cherche avant tout à annihiler toute menace indépendantiste et va, par un travail méthodique et cruel, presque arriver ses fins.
Il ne faut pas oublier qu'il y a encore un an, un spécialiste de la Chine me confiait que contrairement au Xinjiang, la province musulmane à l'Ouest de la Chine, le Tibet n'a plus de volonté indépendantiste, car cette conscience a été retirée par le gouvernement central. Il semble clair que cette analyse était fausse. Le Tibet peut se targuer d'une identité culturelle, religieuse, historique propre et qui se distingue clairement de la Chine.
Ce jour là donc, est le point de départ de la descente aux enfers de la Chine sur la scène internationale. Et pourtant, un mois auparavant, des voyageurs qui venaient du Népal m'avaient confiés qu'il faudrait absolument éviter le Tibet aux alentours de la mi Mars. Une grande marche de protestation de moines y était déja prévue. Cette information n'est jamais apparue dans aucun journal. Effectivement les événements du Tibet ont été couvert d'une façon lamentable par les médias internationaux, qui se sont permis des écarts face aux règles de la profession. Des chiffres extravagants ont d'abord été annoncés, des situations totalement fausses, des manipulations de la part des indépendantistes tibétains et des agences chinoises officielles en ont rajouté. Tout cela a produit un malaise que chacun de nous a pu ressentir. L'information fut biaisée par chacun car le gouvernement a tout fait pour étouffer la réalité, comment ? La police a demandé à tout le monde à Lhassa de retirer les cartes SD de ses appareils numériques, ils ont coupé l'électricité à Lhassa et bloqué le réseau GSM. Puis ils ont demandé à tout ce qui n'habitaient pas le Tibet d'en partir... On n'ose pas imaginer ce qui s'est passé pendant ce mois où le Tibet a été coupé du monde. Les chiffres commencent à sortir, les gens commencent à parler, mais il est trop pour tirer des leçons. Entre temps, les régions limitrophes ont été aussi entrainées dans les troubles. En effet, composée en partie de Tibétains certaines zones des provinces chinoises voisines au Tibet telles que le Sichuan, le Gansu, le Qinhai et le Yunnan ont connu des heurts entre policiers ou armée et émeutiers. Des Chinois de l'éthnie majoritaire Han ont été pris à parti. Certains ont été roués de coups, d'autres sont morts. Un attentat a été perpetré tuant aussi deux personnes et en blessant gravement une troisième. Dans ce genre de situation, il est malsain de désigner un méchant et un gentil. Dans ce genre de situation, la bétise humaine, la folie, la haine prennent le dessus.
Ce n'est justement pas le point de vue de l'opinion publique internationale qui va s'émouvoir pour la cause tibétaine. Evidemment, les droits de ce peuple sont aujourd'hui baffoués. Bien sur, si ils n'avaient pas saisi l'occasion de l'année olympique pour profiter de la sur exposition de la Chine en ce moment leur voix ne serait pas entendue. Effectivement, il y a l'exemple récent du Kosovo qui montre qu'une minorité peut légalement s'autoproclamer indépendante, remettant en cause les principes d'Etat et de souveraineté. Tous ces facteurs ont permis de braquer tous les projecteurs sur le toit du monde et le monde a soudain pris pitié pour eux.
Mais il me semble que l'on oublie le facteur fondamental. En effet, il est très à la mode de s'opposer à la Chine en ce moment, un peu à la manière de l'antiaméricanisme ambiant en France. Il est devenu "fashion" de critiquer la Chine, même si l'on ne connait rien de ce pays. Certains journalistes prennent un malin plaisir d'en rajouter dans leurs éditoriaux enflammés pleins d'ignorance, ignorance comique que l'on retrouve dans la façon dont ils prononcent le nom des villes ou des personnages politiques chinois à la télévision ou à la radio (même Le Monde écrivait Sichouan dans un de ces articles). Ces rapaces savent que la Chine fait vendre, Courrier International titrait sur les dangers de la Chine il y a de cela 2 mois. Les magazines économiques, numéro après numéro, critique le pays à l'origine du mal suprême, les délocalisations. Et pourtant, ils savent très bien que si le monde aujourd'hui ne sombre pas dans une crise mondiale, c'est parce que la Chine et ses 10% de croissance par an tirent l'économie de la planète entière vers le haut et non vers le bas. Il est facile d'opposer l'ouvrier métalurgique au travailleur du Guang Dong mais je doute que cela soit fort utile dans le cadre d'une meilleur compréhension des peuples. Au contraire, et c'est pour cela que les événements ont pris une telle envergure. L'opinion publique internationale avait été préparée, labourée soigneusement, pour que les terribles émeutes de Lhassa résonnent en chacun comme une situation insoutenable : "La Chine, en plus de prendre nos emploi, de nous vendre des produits de mauvaise qualité, de polluer le monde, elle tue des pauvres tibétains qui ne demandent qu'à faire petre leurs yaks sur des hauts plateaux et à tourner des rouleaux de prières dans des temples très jolis, c'est une honte : La France devrait boycotter les JO de Pékin pour montrer notre désaccord avec le pays".
Il faut bien comprendre que loin de vouloir justifier l'attitude du gouvernement au Tibet, ou au Xinjiang d'ailleurs (mais bon au Xinjiang ce sont des musulmans donc c'est pas pareil, n'est ce pas?), je veux juste montrer qu'il faut garder une mesure dans son processus de "sinophobie".
La torche olympique a été le point le plus tragicomique de cette histoire. Sans rentrer dans les détails de mon ecoeurement face aux valeurs de l'olympisme, je trouve que cette torche par son coté symbolique mélant grêce ancienne, valeurs modernes, dieux de l'olympe, athèles adulés quasiment comme des dieux, prend une dimension qui me gêne. On la protège, on la jalouse, on y voit un symbole quasi divin, et surtout... on se bat pour elle comme certains pour le Saint Graal. Ce parallélisme généralement ne me perturbe guère, mais les proportions que son tour du monde prennent à cause de chacuns des protagonistes sont vraiment ridicules. Comment se fait il que personne ne remarque que des centaines de personnes, indépendantistes tibétains, chinois, gouvernements, journalistes, badauds, athlètes, tous s'etripent pour un flamèche, rappellant la guerre du feu. Du feu, aujourd'hui on en fait avec un briquet d'un simple mouvement de pouce, moi aussi j'ai ma torche...
Cependant, il est facilement compréhensible pourquoi la torche focalise tout cet intéret. Ce n'est bien sur pas seulement une flameche mais bien un symbole des JO et donc de Pékin. En voulant éteindre la torche, on s'oppose surtout aux JO organisés par la Chine, c'est à dire que l'on rejette la Chine comme étant un pays digne d'organiser ce grand rendez vous sportif planétaire qui est censé rassembler les nations, une fois tous les quatre ans. Mais alors, qui peut se permettre de dire que son pays lui est digne d'organiser les JO. Quel pays est il mieux que les autres ? Ce débat est totalement stérile, tout comme cette course à la torche. Il ne prouve qu'une chose : les Français et les Anglais qui se sont permis cela sont ceux qui font preuve de la plus grande éthnocentricité. Ils considèrent que la Chine ne vaut pas la France bien entendu, mais quel relan colonialiste ! La France n'est pas le pays qu'elle voudrait faire croire. Le pays des droits de l'homme ? Oui c'est en France qu'ils ont été rédigé. Mais c'est aussi un pays où la situation de certaines franges de la population laisserait un militant des droits de l'homme perplexe : les prisons, les immigrés clandestins, les sans papiers, les HLM, les gens qui n'ont même pas la chance de vivre en HLM alors qu'ils ont un travail... Dans ce cas, si Paris avait réussi à organiser les JO de 2012 et que la torche passerait à Pékin, il faudrait accepter que des Chinois se battent pour l'éteindre afin de dénoncer les conditions d'incarcération en France. Cela semblerait surréaliste, effectivement, j'ai appris en Chine que l'éthnocentrisme est un vilain défaut des Européens. Je ne nie pas que les Chinois ont aussi un certain péché d'éthnocentricité, mais il est beaucoup moin négatif que celui de l'occident lorsqu'il regarde le monde.
Aujourd'hui le mal est fait. On se souviendra de cette édition au même titre que l'édition de 1936 de Berlin comme les JO de la dictature. Il est pourtant injuste de faire un parallélisme entre ces deux régimes. La Chine est un pays qui a connu une histoire moderne parmi les plus tragiques. Entre les attaques des colons Anglais, Français et Allemands, puis les Japonais. La chute de l'empire, le Guomingdang, la longue deuxième guerre mondiale qui a continué encore 4 ans jusqu'à la victoire des communistes en 1949. Les années Mao, avec la mise en place d'une économie socialiste, la politique de l'enfant unique, la Révolution Culturelle puis l'ouverture en 1980. Depuis cette date, la croissance la plus impressionnante de l'histoire de l'Humanité. Des changements qui bouleverse une population qui est quand même le quart de la population mondiale. Demander à la Chine de faire un dernier pas vers la démocratie revient à demander à un nourrisson a peine né de marcher seul sur ses deux jambes, ils se les briseraient et se cognerait fort la tête. La Chine marche vers la modernité, et je doute que c'est toujours par fraternité qu'on lui demande de changer de régime politique. A l'heure de la compétition mondiale, il serait judicieux d'éliminer un concurrent. Peut etre que je vais chercher un peu loin le machiavelisme...
En tout cas, la Chine est aujourd'hui le pays des paradoxes. J'espère que vous aurez compris que mon point de vue relève de la retenue, je ne choisis pas un camp, je donne des éléments qui permettent de se faire sa propre idée. Complexe, ce pays ne se satisfait pas de conclusion tranchée, on ne peut être pour ou contre le boycott des JO, pour ou contre le Tibet libre, pour ou contre la démocratie en Chine. Il n'empeche, les événements que vivent aujourd'hui ce pays sont au coeur des questions de l'opinion internationale, témoin de l'émergence de cette région du monde comme acteur égal aux puissances occidentales... quand elle parviendront à surpasser ce regard condescendant issu de la période coloniale.
PS : Merci d'avoir lu, vous pouvez faire passer ce mot autour de vous si vous le souhaitez.
PS : N'ayant pas de correcteur d'orthographe, il est normal qu'il y est quelques coquilles.
DU NORD DU SICHUAN:
Des mes propres yeux, il me semble que la situation est calme. L'armee a regagne les casernes. Aucun signe de tension, si ce n'est les policiers qui patrouillent mitraillette a la main.
DE CHENGDU :
LES EVENEMENTS SEMBLENT ETRE OUBLIES DANS LA CAPITALE DU SICHUAN
UNE NOUVELLE BOMBE OU GRENADE AURAIT EXPLOSE DANS LE QUARTIER TIBETAIN A L'OUEST DE LA VILLE.
UNE BOMBE SUR LA LIGNE DE BUS 72 A EXPLOSE FAISANT 2 MORTS ET DE NOMBREUX BLESSES.
DE LHASSA :
Après avoir récupéré un témoignage d'un touriste à Lhassa, on peut affirmer que les affrontements entre Tibétains, Chinois, Armée sont d'une violence sans mesure. On ne peut sortir de chez soi, la peur que l'on mette le feu à son immeuble. En effet, des toits la ville semble un grand brasier.
Les Chinois de l'hotel, barricadés, préparaient des armes avec des chaises et des bouteilles et ainsi faire face aux Tibétains enragés.
La police fouille maison par maison pour déloger les émeutiers. L'électricité a été coupée pour éviter que l'on recharge son portable et son mobile, les cartes d'appareils photo confisquées, laissant ainsi le Tibet dans un trou noir d'information.
Dans ce contexte, les pacifiques ont été débordés. Le Dalaï Lama ne contrôle pas les éléments les plus extrêmistes. Ceux-ci peuvent de plus se targuer d'utiliser une méthode qui fonctionne dans le sens où le Tibet n'a jamais été autant sous le feu des projecteurs (même si il reste paradoxalement dans l'ombre de l'information). Cette méthode a pourtant un prix humain terrible. Des Tibétains, des Chinois Han (l'étnhie majoritaire en Chine), des Chinois Hui (l'éthnie chinoise musulmane)sont morts dans ces événements.L'armée va mettre en place une répression dont la violence peut être prévue par le fait que les autorités ont reconduits tous les étrangers à Chengdu...
(Issu d'un document écrit par un touriste anglais que je me suis procuré)
Dimanche 23 Mars
La situation à Chengdu semble être tassée, soit parce que les troubles ont vraiment été stoppés soit parce que l'information est toujours aussi bien filtrée par les autorités, dans tous les cas la vie semble revenir à la normale ici. Jeudi les bus était vides, le Carrefour habituellement bondé tout aussi vide, cela surprend tout de suite en Chine de sentir de l'espace autour de soi. C'est pourquoi sans pouvoir affirmer le lien entre les événements et le fait que les gens ont évité les endroits publics et les transports en communs, on a pu sentir comme une contraction de la population.
Par contraction j'entends plusieurs choses dont le fait de ne pas vouloir sortir de chez soi, mais aussi une contraction psychologique des Chinois contre les Tibétains. A Chengdu, les Chinois n'ont jamais autant considéré les Tibétains comme des barbares. Dire à une jeune chinoise qu'elle ressemble à une Tibétaine n'est pas un compliment. Une fracture ouverte dans le corps sociétal de la Répulique Populaire de Chine s'est révélée avec les événements. Des non dits et des rancoeurs sont maintenant affichés entre les deux communautés.
Vendredi 21 Mars
Les troubles au Tibet se sont propagés en Chine. Sans tomber dans une psychose alarmante, il est choquant de se rendre au Carrefour et de croiser très peu de gens, dans le bus on peut même s’asseoir au retour. Visiblement, les tensions inquiète la population qui préfère ne pas se rendre dans certains endroits. Ainsi, même en soirée on croise beaucoup moins de monde que d’habitude.
L’information est réellement cadenassée dans le pays d’une main de maître. La première réflexion que l’on se fait c’est que les ingénieurs informaticiens du gouvernement sont aussi rapides que performants pour canaliser le web. Dans tous les cas la fiabilité des rumeurs ne peut être vérifiée, par contre lorsque plusieurs personnes parlent de faits concordants, on commence à croire à ce fait. Cette manière souterraine de relayer l’information est vraiment frustrante mais elle est néanmoins le seul moyen réel de savoir qu’est ce qui se passe. La Chine veut tellement être parfaite pour les Jeux Olympiques qu’elle tient à sauver la face coûte que coûte, même si ses dissimulations n’empêche pas la communauté internationale de suspecter les terribles exactions qui sont en train de se dérouler au Tibet et tout particulièrement à Lhassa.
Selon les rumeurs, une nouvelle bombe aurait explosé à Chengdu, dans le quartier tibétain. Après l’explosion dans un bus de ville, c’est donc le deuxième attentat qui se passe dans une métropole de 10 millions d’habitants sans que personne ne sache vraiment ce qui s’est passé. On peut seulement savoir par les journaux étrangers que le quartier tibétain a été bouclé.
Mercredi 19 Mars
Depuis maintenant presque une semaine, le Tibet est en ébullition. Des vieilles rancoeurs, mêlées à un sentiment de frustration dans la communauté tibétaine ont provoqué une escalade de la violence. Le gouvernement chinois a entamé une répression musclée à Lhassa et dans les villes où des émeutes ont éclaté. Malgré l’ampleur des événements, les informations sont très difficiles à trouver d’abord puis à confirmer ensuite. Ainsi, sans savoir où et comment a commencé réellement cet embrasement, il est impossible de prédire les conséquences à court et moyen terme sur la région.
Il semblerait que tout soit parti de Lhassa, le 10 Mars. Une foule de moines, pour la commémoration de l’invasion du Tibet par l’armée de « libération » de la Chine communiste en 1959 défile autour du Potala, ancien palais d’été du Dalaï Lama, joyau de la culture tibétaine. Au même moment, des troubles éclatent dans un quartier proche entre des Hans, des Hui et des tibétains. Ces derniers se sentent spoliés de leur terre depuis bientôt 50 ans et vivent mal l’installation des Chinois, de plus en plus nombreux. La situation a dégénéré en émeute. Des rancoeurs qui attisent la haine. La police puis l’armée interviennent, le bilan est lourd, de dizaines (officiellement), des centaines (Dalaï Lama), des milliers (officieusement) de morts suite aux affrontements entre manifestants et force de l’ordre.
Les événements, qui rappellent ceux de 1989 à Tian An Men et déjà à Lhassa, sont étouffés par les autorités. Pourtant, l’information va circuler. Des touristes américains contactent leur ambassade, un seul journaliste occidental est présent en ville, les médias relayent cette information qui déclenche des mouvements d’indignation et de protestation dans le monde entier. Au Népal, de l’autre coté de la frontière tibétaine, la violence de la répression policière choque au travers des images que l’on peut voir cette fois. Des images… Difficile de trouver des clichés de Lhassa, le gouvernement est bien décidé à travailler dans l’ombre. Youtube est désormais inaccessible depuis la Chine. C’est une nouvelle forme de stratégie, la guerre numérique a commencé entre indépendantistes et gouvernement. Peut être que depuis l’étranger il est possible de voir des vidéos, de Chengdu c’est tout simplement impossible d’utiliser des sites de partages de vidéo qui ne se conforment pas. Les touristes sont interdits sur le plateau tibétain et semble t’il, les visas pour la chine ne sont plus délivrés à Paris.
Toutes ces informations qui se recoupent, s’entrechoquent, se contredisent, ou bien tout simplement n’existent pas, frustrent.
Les troubles ont maintenant gagné la Chine. En effet, géographiquement il faut savoir qu’une partie non négligeable du Tibet a été absorbé par les provinces frontalières de la RPC. Aux Sichuan, Gansu, Qinghai, la communauté tibétaine est très nombreuses et c’est là que les émeutes se sont étendues. Des manifestations, des émeutes, toujours les mêmes rancoeurs qui ressurgissent, et puis l’armée qui intervient. Il y aurait eu 13 civils chinois morts par des tibétains dans ces régions frontalières. Mais combien de tibétains ? Et puis pourquoi opposer ces victimes par origine ethnique ?
Relativement épargnée depuis le début de la crise, Chengdu, la capitale du Sichuan est aujourd’hui en proie à la peur. Des informations fiables sont bien sur introuvables. Une grenade aurait explosé dans le quartier tibétain, la police quadrille la zone et la présence des hommes en uniforme n’a jamais été aussi importante, de nombreux contrôles sont effectués. Des rumeurs affirment que des bombes auraient passées la frontière Sichuanaise pour Chengdu. Les tibétains useraient de cette période pré olympique pour enfin faire trembler le gouvernement, géant aux pieds d’argile. Tout cela provient bien sur d’informations officielles qui prennent une importance fondamentale.
A l’université de Chengdu, des événements se sont produits cette nuit. Des camions de l’armée sont entrés sur un campus étonnement désert. Trop calme, cela a été suivi de bruits assourdissants et de cris. Un campus universitaire qui l’espace de quelques minutes s’est transformé en champs de bataille ? Encore une fois des rumeurs mais personne ne sait vraiment. En tout cas, sous nos fenêtres se passent des événements dont l’ampleur nous dépasse totalement, peut être.