Un dimanche à Shiling, c'est le jour des...
Un week-end où l’on reste à Chengdu ne nous empêche pas de vivre des situations intrigantes ou mystérieuses. En fait, il est nécessaire de le préciser, chaque jour en Chine il faut être prêt à vivre l’étonnement. Ce qui est encore plus vrai à Shi Ling (十陵, les dix tombes), la zone où se trouve le campus de l’université de Chengdu, à l’extérieur du troisième périphérique, dans la banlieue de la ville. Banlieue qui n’est pas vraiment habituée à la présence d’étrangers : sur notre passage, les enfants écarquillent les yeux, les vieux s’arrêtent de marcher, les jeunes sourient, on entend des « Lao Wai, Lao Wai » (老外). Littéralement « vieux étranger » cette expression à la limite entre le racisme et la surprise pourrait devenir le refrain des habitants de Shi Ling.
Ainsi, qui est le plus étonné chaque jour ? L’étudiant étranger qui va manger autour de l’université et qui ne comprend pas toutes les spécificités du mode de vie chinois ou l’habitant qui ne comprend pas pourquoi il est différent…
Concrètement l’objet de cet article est de présenter les côtés amusants, différents, choquants, surprenants et tous les synonymes que l’on pourrait ajouter encore de la vie en Chine avec les Chinois. Dans la galerie photo se trouve les images prises le même jour.
Déjà, il est très fréquent de ne pas manger chez soi et de préférer s’arrêter dans des restaurants que l’on retrouve partout et qui servent des plats communs pour une somme modique. A noter toutefois que malgré l’hiver rigoureux de cette année, les restaurants n’ont pas de portes, murs et fenêtres qui permettrait de réchauffer le lieu… Non non, même par -5°C on mange dehors en gants, bonnets, manteaux, polaires. Heureusement il fait meilleur depuis quelques temps donc ce sont maintenant que des douloureux souvenirs. Ces restaurants ont une vision spéciale de l’hygiène même si on y mange généralement sans danger, surtout grâce à la phrase salvatrice : bu la ye bu ma (不辣也不麻, pas de piment ni de poivre) ! Quelques soucis subsistent de temps en temps. A propos d’hygiène, aujourd’hui des légumes séchaient sur le trottoir noir de crasse et de mélasse, un homme sciait des bouts de bois à coté (?) et un autre chargeait son scooter de mélasse en frôlant les légumes. Contre la route, les pots d’échappement déposent des particules sur les feuilles… Bon appétit !
On s’assoit pour manger, le restaurant est vide, normal les chinois ont généralement l’habitude de manger tôt, nous arrivons vers 15h. Toutes les tables sont vides mais le serveur demandent quand même à son grand père de s’asseoir ailleurs pour nous donner sa table, il se lève péniblement, tire une taffe sur sa pipe et va regarder le reste de la famille qui joue au mah-jong sur le trottoir, à coté des fameux légumes qui sèchent dans la crasse.
La ville est animée depuis le retour des vacances du Nouvel An. Les rues sont pleines de vendeurs ambulants qui proposent des fruits, du tofu, des brochettes de viande, des soutiens, gorges (?), des DVD, des lecteurs MP4 de marque copiée, on peut aussi jouer à des jeux de fête foraine, et même se peser et se mesurer pour 5角 (5 centimes d’€).
Des hauts parleurs sont disposés par les vendeurs sur leur charrette afin d’attirer par des cris répétés incompréhensibles et rapidement fatiguant. Le vendeur restera là toute la journée, vendant ses morceaux de bambou sucrés avec ce cri dans les oreilles.
On prend un Tuc Tuc pour rentrer à l’université, ces petits véhicules tricycles très pratiques mais quelques peu dangereux. Notre vue est masquée par une bâche qui nous empêche de voir ce qui se passe sur la route, pourquoi on freine, pourquoi on entend des bruits de camions qui se rapprochent très vite, des klaxons, des bosses, des nids de poule, on vire à gauche puis à droite, on freine, on accélère, on craint que la carcasse du tricycle se démembre, finalement on arrive à l’université entiers. Un simple dimanche à Shi Ling.